EVA

Date de la visite : 12 février 2019
Auteur : Emilien Charbonneau


La mobilité urbaine, notamment l’industrie du taxi, est un secteur en évolution depuis près d’une dizaine d’années. En effet, la création d’une compagnie comme Uber en 2009 est venue ajouter une option supplémentaire à toute personne souhaitant se déplacer. Depuis, plusieurs autres compagnies se sont inspirées de ce modèle d’affaires et se sont ajoutées au cocktail de transport disponible. Bien que semblable au taxi, ce nouveau système n’est pas soumis aux mêmes réalités et se doit d’être règlementé, afin de bien s’introduire aux autres services d’une municipalité. À cet effet, le ministre des Transports du Québec, M. François Bonnardel, a déposé en 2016 un projet pilote visant à encadrer les activités des transports rémunérés par applications mobiles. Ce projet pilote arrivait à échéance en octobre 2018, mais il a été prolongé d’un an par le gouvernement Legault permettant ainsi au tout nouveau compétiteur québécois de Uber, EVA, de débuter ses opérations au Québec.

Depuis février 2019, la jeune compagnie québécoise EVA a rendu disponible le téléchargement de son application sur toute plateforme mobile IOS ou Android. EVA est une solution technologique de covoiturage offrant minimalement les mêmes services que toute autre application de transport à la demande tel que UBER ou Lyft. Il est important de préciser minimalement puisque, en plus de mettre en contact un conducteur et un utilisateur souhaitant un service de transport, EVA a une mission coopérative cédant ainsi la propriété et le contrôle de celle-ci à ses membres de façon démocratique. Ainsi, cela permet de décentraliser les décisions de la compagnie de façon à respecter davantage la volonté des utilisateurs qui sont au cœur de la coopérative. De plus, ce modèle d’affaires permet à EVA de distribuer des dividendes à ses membres à travers l’application.

En plus d’être une coopérative, EVA se distingue de ses compétiteurs en utilisant la cryptomonnaie issue du concept de ‘’Blockchain’’ ou encore, la chaîne de bloc. En effet, EVA a créé sa propre cryptomonnaie utilisable dans l’application comme monnaie d’échange entre les utilisateurs, ou encore comme mode de paiement des services. En effet, chaque membre, qu’il soit conducteur ou passager, peut choisir de payer avec les institutions financières conventionnelles (cartes de crédit, Interac, argents comptants) ou à l’aide des ‘’jetons EVA’’. Cette particularité donne un avantage à EVA en ce qui concerne l’expansion de sa technologie dans des pays qui sont en développement, qui n’ont pas nécessairement de systèmes financiers autant accessibles et qui souhaiteraient se doter d’une technologie de transport par application mobile.

La jeune compagnie québécoise, qui vient de débuter ses opérations dans la région de Montréal, compte déjà au-delà de 100 conducteurs et plus de 1000 passagers et étudie la possibilité de permettre aux utilisateurs de personnaliser leur expérience en commandant un(e) chauffeur(e) du même sexe par exemple, ou même accepter le covoiturage avec des inconnus sur le même chemin, diminuant ainsi le coût de la course et son impact environnemental.

Références
Eva Coop. (s. d.). Consulté 25 février 2019, à l’adresse https://eva.coop/?lang=fr-FR
ICI.Radio-Canada.ca, J. L. (2019, janvier 11). Le projet pilote d’Uber élargi à Eva, un concurrent. Consulté 25 février 2019, à l’adresse https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146360/transport-remunere-personnes-caq-quebec
Propos recueillis par l’équipe de Poly-Monde lors de la visite du 12 février 2019

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