BIXI

Date de la visite : 29 janvier 2019
Auteur : Nicolas Bernier

Le transport actif est partie intégrante du portrait de la mobilité montréalaise. En plus des avantages pour la santé, l’environnement et le portefeuille, le vélo est une option particulièrement simple et efficace pour les distances de 5 kilomètres et moins, ce qui représente la distance moyenne entre le domicile et le travail pour le ⅓ des Québécois. Le cyclisme est donc indéniablement un mode de transport de choix. C’est dans cette optique qu’a été créé BIXI, un système de vélos en libre-service, en mai 2009 par la Ville de Montréal. Alors que le concept de base provient d’Amsterdam avec ses vélos blancs, il aura fallu attendre la 4e génération du système pour pouvoir percer les marchés de l’Amérique du Nord. En effet, la modularité des bornes de paiement de ce nouveau concept amenait la possibilité de les entreposer en hiver et permettait alors l’implémentation dans un climat nordique comme à Montréal, qui fut la première ville du continent à saisir cette opportunité.

Dans cette optique de réduction des points d’attache, les bornes sont alimentées par l’énergie solaire et dont aucun câble n’est requis pour l’alimentation. L’ensemble du système BIXI est conçu et manufacturé par des entreprises québécoises; le design rappelant un boomerang a été réalisé par Michel Dallaire et les vélos sont fabriqués par Devinci au Saguenay avec les matériaux provenant notamment de Rio Tinto Alcan. Le développement du système d’opération logiciel est quant à lui assuré par 8D Technologies.

En plus d’empocher des revenues grâces aux titres de transport, l’entreprise vend le concept à des villes étrangères comme Melbourne, Londres et Toronto. C’est d’ailleurs essentiellement cet extra qui se veut lucratif, la vente de titres ne suffisant pas à éponger les coûts d’opération. Inévitablement, l’entreprise a frôlé la faillite en 2014. Cette complication financière l’a amené à réorganiser sa structure suite à un plan de sauvetage du maire Coderre. Dès lors, le volet international a été vendu et les actifs sont devenus propriétés de la Ville de Montréal. Les opérations demeurent gérées par l’entité, ayant désormais le statut d’organisme à but non lucratif enregistré sous le nom de BIXI Montréal. Le vélo libre-service est certes difficilement rentable, mais BIXI s’inscrit trop profondément dans l’image montréalaise pour qu’on laisse le concept couler sans lui lancer une bouée de secours.

L’organisme emploie un peu plus d’une soixante d’employés, travaillant autant dans les bureaux que sur le terrain pour déplacer les vélos des stations bondées vers les stations vides. Étant trop coûteux à opérer l’hiver à cause de la corrosion causée par le sel sur les routes, le service de BIXI est saisonnier, du 15 avril au 15 novembre. Ainsi, la totalité de la flotte, c’est-à-dire 6250 vélos, est mise au point l’hiver par une équipe du programme de réinsertion sociale Cyclochrome. Pendant ce temps, les quelque 600 stations sont entreposées au Stade olympique.

BIXI collabore aussi fortement avec d’autres entités agissant dans le secteur de la mobilité comme la STM et Communauto, une entreprise d’autopartage. Ces acteurs partagent tous un objectif bien commun, la réduction de l’utilisation de l’auto solo, et c’est pourquoi ils s’allient pour offrir des forfaits promotionnels combinés. L’utilisation de la carte Opus de la STM permet d’ailleurs d’effectuer la location des vélos BIXI, ce qui encourage fortement le concept de cocktail de transport. Par ailleurs, les nombreuses données de déplacement recueillies par BIXI sont partagées à la Ville de Montréal et à des organismes comme Vélo-Québec pour améliorer les infrastructures de transport actif. La compétition directe étant presque inexistante à Montréal, le plus grand frein à l’utilisation du vélo libre-service est l’insécurité des utilisateurs face aux modes de transport actif.

Avec 5,4 millions de déplacements annuels, des projets d'expansion du réseau et un renouvellement du financement, BIXI devrait avoir le vent dans les voiles pour au moins les 10 prochaines années.

Références:
Bilodeau, Maxime et al. (2015). L’état du vélo au Québec en 2015. Tiré de: http://www.velo.qc.ca/documents/?mag=l%C3%A9tat-du-v%C3%A9lo-au-qu%C3%A9bec-l%C3%A9tat-du-v%C3%A9lo-au-qu%C3%A9bec-en-2015/0475317001464362559
Normandin, Pierre-André. (2018). BIXI: cinq arrondissements de plus seront desservis en 2019. Tiré de: https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/201811/13/01-5203978-bixi-cinq-arrondissements-de-plus-seront-desservis-en-2019.php
Guénette, Jasmin. (2017). BIXI vaut-il 60 millions? Tiré de: https://www.journaldemontreal.com/2017/04/12/bixi-vaut-il-60-millions
Propos recueillis par l’équipe de Poly-Monde lors de la visite du 29 janvier 2019

 

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