Neuro-Concept

Date de la visite : 15 janvier 2019
Auteur : Daniel Béland

Ouvert en 2015, Neuro-Concept est un centre de réadaptation à la fine pointe de la technologie où y sont pratiqués des traitements pour troubles neuromoteurs dernier cri. On y retrouve des patients de tous âges souffrants entre autres de quadriplégie, de la sclérose en plaques et du Parkinson. Ils y pratiquent une combinaison de réhabilitation traditionnelle et de robot-thérapie. Offrant une vaste gamme de services personnalisés, ce centre vise à couvrir les besoins spécifiques de patients ayant comme objectifs la réhabilitation, le maintien de leur condition physique et l’amélioration de celle-ci. Certains clients sont hospitalisés et se rendent sur place eux-mêmes de manière hebdomadaire puisqu’aucun partenariat officiel au niveau des traitements n’existe entre les hôpitaux et Neuro-Concept.

Étant une des seules cliniques employant des robots pour la thérapie en Amérique du Nord, Neuro-Concept participe activement à l’essor de ces technologies. Qu’il s’agisse de donner des idées de concepts aux chercheurs, de fournir du feed-back aux développeurs, de valider les produits des fournisseurs avec des données publiables ou d’agir à titre de « clinique vitrine », Neuro-Concept est un joueur clé dans le développement et l’implémentation de robots thérapeutes au Québec. Ces partenariats entre les fournisseurs et les prestataires de services sont primordiaux pour la réussite de tous les partis impliqués. D’une part, les fournisseurs ont souvent peu d’expérience au niveau de la santé; par exemple, une compagnie spécialisée dans la fabrication de sièges immersifs pour le cinéma en 4D collabore présentement avec Neuro-Concept pour concevoir un simulateur de marche. D’autre part, ces ententes gagnant-gagnant permettent aux collaborateurs de réduire leurs frais et de percer dans une économie restrictive. Plusieurs facteurs rendent complexe la croissance de ce marché au Québec. Premièrement, l’approbation des appareils est dispendieuse et se fait sans promesse d’achat, ce qui est très risqué pour les fournisseurs. Deuxièmement, l’absence de couverture de la part des assurances pour les équipements spécialisés tels que les exosquelettes freine leur utilisation. Finalement, il y a un faussé entre la recherche et les pratiques cliniques. En effet, les cliniciens ne sont pas toujours ouverts à changer leurs méthodes et à acheter de l’équipement dispendieux. Cela explique pourquoi la majorité des robots médicaux, même ceux développés et produits au Québec, sont vendus à l’international plutôt qu’ici.

Malgré ces barrières, il y a espoir que ces technologies soient abordables pour tous dans les années à venir. Les assureurs sont ouverts à élargir leurs couvertures, surtout lorsque des centres comme Neuro-Concept leur fournissent des données qui démontrent les impacts positifs des nouvelles technologies. De plus, le Bureau de l'innovation en santé et en services sociaux a la volonté de mettre en place des politiques qui faciliteront l’acquisition de robots thérapeutes dans le système de santé québécois. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour toute personne souffrant de troubles neuromoteurs. Des appareils comme des simulateurs de marche, des exosquelettes thérapeutiques et plusieurs systèmes utilisant la stimulation électrique fonctionnelle apparaîtront dans les hôpitaux québécois dans les prochaines années. Ces machines versatiles et facilement adaptables à chaque patient permettront aux professionnels de fournir un traitement de qualité et de spécificité élevée. L’intégration de réalité virtuelle et augmentée aux thérapies les rendront plus agréables pour tous, surtout pour les enfants. L’intégration de suivi automatique de la progression et des données biométriques des patients facilitera la tâche des thérapeutes. De plus, ces suivis favorisent l’accessibilité de ces appareils pour le grand public en les faisant valoir devant les assureurs et les instances gouvernementales. Neuro-Concept démocratise donc la robot-thérapie un traitement à la fois.


Références
Propos recueillis par l’équipe de Poly-Monde lors de la visite du 15 janvier 2019

 

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