ATUQ

Date de la visite : Lundi 14 Janvier
Auteur :Mikael Ferland

L’ATUQ représente les neuf sociétés de transport au Québec : STM (Montréal), RTC (Québec), ST Laval (Laval), RTL (Longueuil), STO (Gatineau), ST Lévis (Lévis), ST Sherbrooke (Sherbrooke), ST Saguenay (Saguenay) et STTR (Trois-Rivières). L’association comprend un conseil d’administration sur lequel siègent 9 membres, soit un représentant pour chaque société de transport, ainsi qu’un comité de gestion qui s’occupe de la gestion des affaires.

D’abord et avant tout, l’ATUQ a comme mission première d’assister les sociétés membres. Cela se traduit historiquement par l’achat regroupé de véhicules et de systèmes de transport. Cette tâche est grandement facilitée en raison du regroupement de sociétés. Chacune bénéficie dorénavant d’une meilleure représentation auprès des manufacturiers et du gouvernement. Au fil des années, l’association a cumulé de nouveaux mandats dont guider les sociétés en tant qu’expert en identifiant les meilleures pratiques et en facilitant des forums d’échange. Bref, l’ATUQ joue essentiellement un rôle de support et de coordination entre les sociétés de transport.

À l’occasion d’une première visite chez l’ATUQ, les membres de Poly-Monde ont relevé trois apprentissages clés à propos du transport urbain au Québec :

Un marché niche
La flotte de 4000 autobus dans la province est infinitésimale en comparaison au parc automobile québécois. Ce faible volume explique surtout la lenteur à laquelle les manufacturiers adoptent de nouvelles technologies. Par exemple, l’assemblage des autobus se fait presque entièrement à la main encore aujourd’hui. Ce secteur manufacturier est d’ailleurs beaucoup plus petit versus ce que l’on retrouve en Europe.

La mobilité durable
Un des récents projets piliers de l’ATUQ est l’électrification du réseau de transport. Heureusement, le Québec profite d’une surabondance d’électricité grâce à un système hydroélectrique fiable. Il n’est donc point nécessaire de considérer d’autres sources d’énergie comme le solaire. La difficulté réside surtout dans l’intégration au réseau. Par exemple, où intégrer les bornes de recharge et comment répartir le chargement des véhicules pour éviter des surcharges pour Hydro-Québec? Il faut aussi considérer la gestion des batteries en fin de vie. Cette transition énergétique est en partie motivée par une décision gouvernementale de subventionner uniquement les autobus électriques à partir de 2025. Dans un autre ordre d’idées, il est intéressant ici de voir le contraste avec le Japon qui mise plutôt sur l’hydrogène comme source d’énergie pour nourrir ses futurs véhicules. Force est de constater l’influence de la volonté des gouvernements et l’accessibilité aux ressources naturelles sur les solutions vertes préconisées.

Un financement difficile d’accès

Les gouvernements provincial et fédéral ont mis beaucoup d’argent de côté pour les sociétés de transport, surtout ces dernières années. Cependant, il faut gérer de lourds processus administratifs pour en bénéficier. L’ATUQ est aussi fortement dépendant des programmes politiques. Un projet en transport urbain s’étend sur de longues années versus les mandats de 4 ans du gouvernement.

Sans surprise, les années à venir s’annoncent intéressantes pour l’ATUQ qui doit dorénavant tenir compte d’une conscience environnementale renouvelée et de citoyens qui veulent davantage incorporer les transports en commun dans leur quotidien compte tenu de l’état actuel du réseau routier québécois.

Réferences :
JAPAN H2 MOBILITY. (2018). Retrieved from https://www.jhym.co.jp/en/
Rapport annuel d'activité 2017. (2017). Retrieved from https://atuq.com/wp-content/uploads/2016/10/ATUQ-Raport-annuel-2017-fin.pdf
Propos recueillis par l’équipe de Poly-Monde lors de la visite du 14 janvier 2018

 

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